Citroën C3 : de Paris jusqu'en Espagne avec un seul plein ? Banco !

Source : Caradisiac, Manuel Caillot

Est-il possible de rallier l'Espagne depuis Paris, avec un seul plein de Citroën C3 ? Les 42 litres du réservoir permettent-ils de petit-déjeuner à Vélizy le matin et de dîner à San Sebastian le soir ? Nous avons pu répondre à cette question en participant à un petit challenge organisé par Citroën… Une expérience intéressante.

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Il fait bien frisquet en ce mardi matin, 5 h 45, pendant que j'attends patiemment le VTC (en retard…) qui doit m'emmener au centre ADN de PSA, à Vélizy. C'est là-bas que m'attendent quelques confrères et surtout une des trois Citroën C3 BlueHDI 100 participantes, star malgré elle d'un challenge organisé par Citroën. L'accroche : "1 plein = Paris - L'Espagne"… Voilà qui mérite attention.

Tout part, finalement, du scandale Volkswagen. Il a mis en lumière, outre la triche du constructeur allemand sur les émissions polluantes, les écarts énormes entre les chiffres homologués et les chiffres obtenus en réalité. Mais pas seulement en termes de pollution ! En termes de consommation également. Tout le monde sait que les valeurs homologuées par les constructeurs selon le cycle NEDC (New european driving cycle) sont bien loin de la réalité.

PSA, depuis quelques mois, a décidé, lançant en cela une grande opération transparence, de mesurer en conditions réelles les consommations des véhicules de ses gammes, Peugeot et Citroën. En partenariat avec les ONG France Nature et Environnement, Transport et Environnement, et le bureau Veritas.

Et pour illustrer le fait que ces valeurs sont certes différentes, mais basses au demeurant pour certains de leurs modèles, ils ont convié quelques journalistes choisis, pour un challenge un peu particulier. Rallier la frontière espagnole en Citroën C3 BlueHDI 100 ch, finition haut de gamme Shine (pourtant la plus lourde !), avec un seul plein, de 42 litres théorique (c'est la contenance du réservoir). Et en conditions réelles par conséquent.

Nous avons bien sûr accepté, et moi de me retrouver donc grelottant par - 3 °C mardi dernier au départ de mon domicile. Mais la bonne cause requérant tous les sacrifices, j'en étais content. Ce genre de challenge sort un peu de l'ordinaire, et j'étais impatient de savoir si le but serait atteint.

 

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Plein fait à ras bord et réservoir scellé.

Le départ était prévu à 7 h 30. C'est donc bien à… 8 h 50 que nous nous sommes élancés sur la route, après que le plein a été fait. Ras la gueule comme on dit, limite à déborder. Chaque décilitre pouvant compter pour atteindre le but, et nous avions donc à bord certainement un peu plus que les 42 litres théoriques du réservoir, qui n'incluent pas le volume de la goulotte. Mais aussi après les scellés. Eh oui ! Afin d'éviter toute triche, et attester qu'en aucune façon nous ne pouvions rajouter du carburant sur la route, un huissier de justice a apposé des scellés sur la trappe du réservoir. Avec pour objectif de ne pas avoir à les faire sauter, un confrère s'assurant de cela à notre arrivée.

Les consignes étaient simples : "vous roulez comme n'importe qui". Pour autant, on se disait qu'avec 831 km à parcourir avant la frontière, il fallait tout de même user d'un maximum d'éco-conduite pour y arriver. Selon nos calculs, il fallait rester entre 5,0 et 5,1 litres de moyenne pour réussir dans notre entreprise.

Au départ, à froid, l'ordinateur de bord indique un 6,3 litres de moyenne et 720 km d'autonomie. De très mauvais augure. Mais cela descend vite à 4,3 litres, avec des conditions de circulation très favorables et très… lentes sur la N118. Arrivés sur l'autoroute A10, la vitesse moyenne augmente et la consommation moyenne avec, pour culminer à 4,9 litres. Elle ne fera ensuite que baisser, sauf dans la région de Limoges, à cause d'une topographie défavorable faite de montées et descentes, les premières citées laissant s'afficher des valeurs apocalyptiques en consommation instantanée (pour qui cherche à consommer le moins possible). On double avec parcimonie, seulement quand il le faut, et sans écraser la pédale de droite. On se souvient plutôt de ce que "effleurer" veut dire…

Au final, la consommation moyenne baisse petit à petit.

Globalement, durant tout notre périple nous maintiendrons un rythme de croisière situé entre 10 km/h en dessous de la vitesse limite sur autoroute, et 5 km/h en dessous sur nationale et départementale. C'est parfois encore moins vite, dans les montées, mais parfois bien plus (nous avons dépassé parfois de quelques km/h les limitations) dans les descentes, pour profiter ensuite de l'élan.

Nous avons aussi usé, il est vrai, de l'aspiration derrière certains véhicules. Peu sécure (mea culpa) mais diablement efficace en termes d'économie de carburant. Par exemple derrière un camion à 90 km/h, on peut sans peine maintenir environ 2 litres aux 100 km de moyenne. Étonnant non ?

Au quart du parcours, sur l'A20, peu après la sortie Bourges, l'ODB indique 4,7 litres de moyenne et 680 km d'autonomie. À ce rythme, on arrive normalement en Espagne sans encombre…

Après l'A20, nous sortons pour emprunter la N145, puis la N141 direction La Rochefoucauld, où nous déjeunons et faisons un bilan un peu plus de mi-parcours (452 km). L'ordinateur de bord indique 4,6 litres en moyenne et une autonomie de 720 km ! La moindre consommation sur nationale l'a faite remonter ! Avec ça, on arrive jusqu'au Portugal ! Mais rien n'est gagné, car après la N141, sur laquelle la moyenne baisse encore, nous rejoignons à nouveau l'A10, où le rythme accélère un peu. Cependant, si l'autonomie descend, la moyenne n'augmente que peu. Et à la nuit tombée, après 660 km parcourus, l'autonomie restante est de 360 km et la moyenne figée à 4,5 litres, valeur qui ne bougera plus jusqu'à notre arrivée.

Yes ! Mission accomplie !

Nous passons effectivement la frontière espagnole au bout de 832 km, et pas l'ombre du moindre hoquet moteur ! Il reste encore selon la jauge un peu moins du quart du réservoir. Et l'autonomie affichée est encore de 210 km ! Challenge réussi haut la main. Talent du conducteur ou frugalité de la voiture ? Un peu des deux mon capitaine…

Nous poussons jusqu'à San Sebastian, pour une petite photo devant le Centro Kursaal, en bord de mer. Dernier stop, à 21 heures, avant de remonter sur Biarritz, en France, où nous passerons une nuit bien méritée…

En chiffres, ce sont donc 883 km parcourus, 4,5 litres de moyenne, et une autonomie restante affichée de 115 km, ce qui nous octroyait un kilométrage total à parcourir de 998 km. Un confrère a même fait mieux, puisqu'en sautant le dîner et en repartant avec cette même voiture, il a réalisé 1 014 km, les derniers kilomètres en éco-conduite drastique, avant de revenir à l'hôtel à Biarritz, sans avoir remis une goutte d'essence ! À 4,4 litres de moyenne, soit 44,6 litres utilisés. Le réservoir fait donc plus de 42 litres quand on le remplit jusqu'à plus soif.

BILAN.

Les doigts dans le nez ! Challenge réussi au-delà de toute espérance. Et avec le plus grand étonnement, sincère, du staff de Citroën présent. Ils savaient que ça passait, bien sûr, sinon ils ne nous auraient pas mis au défi, mais notre autonomie restante à l'arrivée à Biarritz les a bluffés. Bien sûr nous direz-vous, nous n'avons pas conduit comme Monsieur tout le monde. Certes. Une des trois C3 l'a fait, elle a consommé 4,7 litres en moyenne, mais mon confrère a dû remettre un peu d'essence et donc briser les scellés. La dernière est aussi arrivée en Espagne puis à Biarritz, mais avec moins de 30 km d'autonomie restante. Au final, sans faire trop attention, on peut rester sous la barre des 5 litres aux 100 km, sur un parcours essentiellement autoroutier avec un peu de nationale à 110 km/h et 90 km/h. Ce qui, somme toute, est déjà une belle performance. La petite C3 fait donc des miracles en termes d'autonomie. Autre enseignement, la consommation réelle est sans surprise supérieure à la consommation homologuée, annoncée à 3,7 litres aux 100 km. Il est donc urgent d'arrêter de faire miroiter monts et merveilles au consommateur. Et PSA, il faut le dire lorsque c'est bien, est sur la bonne voie en publiant ses consommations en conditions réelles.

Quant à nous, on s'est à la fois amusés et parfois un peu ennuyé (c'est fastidieux l'éco-conduite, quand on aime... conduire), mais on se prend au jeu de façon étonnante, croyez-moi.