Aulnay : la vente aux enchères Citroën rapporte 690 000 €.

Source : Le Parisien, Thomas Poupeau.

65 véhicules issus du conservatoire de PSA ont été vendus aux enchères ce dimanche, sur l’ancien site automobile. Les fans sont venus de loin et n’ont pas hésité à vider le porte-monnaie.

Conservatoire vente 1

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les derniers trésors de PSA se sont arrachés à Aulnay-sous-Bois. Dimanche après-midi, 250 personnes ont participé à une vente aux enchères de 65 des 650 véhicules Citroën issus du conservatoire, installé sur le site de l’usine automobile qui a fermé ses portes en 2014. « Une vente unique », résume Xavier Crespin, directeur général de l’association l’Aventure Peugeot-Citroën DS, chargée de gérer le patrimoine de la marque aux chevrons. Les chiffres donnent le tournis : outre les participants « physiques » à l’opération, 593 autres enchérissaient en ligne, dont certains depuis les USA. Et les enchères se sont envolées, le total des ventes a atteint 690 000 €, explosant de 200 % les prix estimés !

 

Conservatoire vente 2

 

Parmi les fondus de Citroën venus s’offrir un morceau de leur passion, il y a Dominique, distributeur Citroën à Poitiers (86). « Je suis venu pour tenter d’acheter des modèles précis, que j’exposerai ensuite dans mon garage. Notamment une Berlingo transformé en taxi », explique l’homme. Qui a prévu un budget conséquent : « Entre 50 000 et 100 000€, mais ça ne veut pas dire que je vais forcément les dépenser ! » Un peu plus loin, Matthijs, venu des Pays-Bas, avec son père. Ils possèdent déjà quelques vieux modèles, dont une 2 CV. « C’est une vente très spéciale, comme il y en a peu souvent. Je tenais à être là », explique le jeune homme.

Mais pour ces passionnés, difficile de suivre le rythme des enchérisseurs en ligne. « Je n’ai même pas le temps de lever la main que l’enchère est trop haute », souffle Pascal. En effet : 69 % des ventes ont été réalisées en ligne. Et quelques records à la clé, puisque les trois Méharis 4 x 4 ont été vendues entre 18 000 et 25 000€, tandis qu’une maquette de « Tubix », un concept jamais commercialisé, a trouvé preneur pour 33 000 € !

Selon un blogueur automobile, c’est la nature du vendeur qui fait le succès de l’événement. « Ce sont des voitures issues directement du conservatoire Citroën, il n’y a aucun doute sur leur pedigree », avance-t-il. C’est d’ailleurs l’argument choc du commissaire-priseur quand les enchères tardent : « Réveillez-vous, ces voitures, vous ne les trouverez pas sur leBoncoin ! »

Cette vente est aussi le moyen de tourner définitivement la page PSA à Aulnay. La totalité des 180 ha de l’ancien site automobile sont désormais vendus et seront réaménagés en logements, en bureaux ou en entreprises. « Le conservatoire Peugeot-Citroën ne partira qu’en 2019, mais les réserves, dont sont issus les véhicules vendus aujourd’hui, doivent être vides dès 2018, annonce Xavier Crespin. Le reste de la collection d’Aulnay, (NDLR : 350 voitures), va aller à Poissy (Yvelines). L’argent récolté lors de la vente servira à renouveler notre collection. »

« Je voulais repartir avec un bout de l’histoire de la ville ! »

Frédéric, 55 ans, est né à Aulnay et a grandi avec l’usine PSA. Mais il n’a rien pu s’offrir lors de la vente aux enchères Citroën en guise de dernier souvenir…

Aulnay, ce dimanche après-midi. Frédéric, 55 ans, espérait repartir avec un bout d’histoire de l’usine PSA. LP/T.P.

« 200 € pour un vieux vélo, c’est trop, il faut savoir rester raisonnable… » Frédéric tente de relativiser mais il a du mal à cacher sa déception. Né à Aulnay il y a 55 ans, il s’est rendu à la vente aux enchères Citroën, organisée sur le site de l’ancienne usine automobile, avec la ferme intention de remporter l’un des cinq objets issus de l’usine - deux vélos servant à circuler sur les 180 ha, deux établis d’ouvrier et une tenue siglée. « Je m’étais fixé un budget de 150 €, il faut savoir le respecter, mais je suis très déçu car je voulais repartir avec un bout de l’histoire de ma ville », regrette l’homme. Qui a suivi de près chaque épisode de Citroën à Aulnay. « J’étais là quand l’usine s’est construite en 1972, je me souviens des travaux. Et puis quand j’allais me balader dans le parc, au bord du site, et qu’on voyait les Citroën DS, tout juste sorties des chaînes de montage, se garer à la chaîne sur l’immense parking… » Les grèves, aussi : « La dernière, celle de la fermeture, en 2014, a été un vrai bras de fer ! » Frédéric soupire. « Avec cette vente aux enchères des bijoux de famille de Citroën, c’est un peu de l’histoire d’Aulnay qui disparaît… »