Source : les Echos, Julien Dupont-Calbo.

Les sommes récupérées dans cette réforme seront redistribuées aux salariés, via les primes de participation ou d’intéressement.

Les grands pilotes de PSA ont décidé de se serrer aussi la ceinture. Le constructeur français, encore en convalescence, a annoncé mercredi une refonte du système de retraite chapeau de ses dirigeants et autres mandataires sociaux. « Le nouveau dispositif sera plus transparent, moins coûteux et plus directement lié à la performance économique de l’entreprise », assure Louis Gallois, le président du directoire de PSA, dans un communiqué.

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Dans le détail, le nouveau système ne garantira plus un certain niveau de pension, mais un traitement en fonction de la santé du moment de PSA. Ainsi, dans quelques années, Carlos Tavares devrait toucher une retraite chapeau trois fois moins importante qu’initialement prévu. Et le groupe devrait déjà économiser 34 millions d’euros en 2015.

Redistribution aux salariés

Surtout, les sommes récupérées dans cette réforme seront redistribuées aux salariés, via les primes de participation ou d’intéressement. Soit environ 450 euros par salarié selon les calculs de la CFE-CGC, qui suggère de verser ce « bonus » dès le début de l’année 2016. « On ne peut que saluer la démarche, constate Christine Virassamy, à la CFDT, qui rappelle que les salaires sont gelés depuis deux ans. D’ailleurs, la direction et les syndicats devront se pencher d’ici l’été sur les contours d’un nouvel accord de compétitivité.

Les retraites chapeau du groupe avaient généré des polémiques ces dernières années, alors que le groupe était au bord du gouffre. En 2013, Philippe Varin, le prédécesseur de Carlos Tavares, avait fini par abandonner une large partie des 21 millions prévus pour ses vieux jours. « Pour Carlos Tavares, il était inconcevable de faire perdurer ce système dans le contexte économique du groupe. Il est normal que les dirigeants s’associent aux efforts des salariés », indique-t-on en interne. « On peut aussi y voir la touche Louis Gallois, ajoute Franck Don, à la CFTC. Il avait déjà abandonné sa retraite chapeau chez EADS », relève le syndicaliste.