INSOLITE : – Nouvelle Citroën 2CV (2017) : la Deuchevoccinelle !

Source : Auto-Moto, Julien Jodry

Après l’improbable scénario du come-back de la Renault 4L, Auto Moto revisite le mythe Citroën 2CV à travers la genèse de ce nouveau modèle. Second degré exigé !

2CV

Citroën 2CV FICTION – Rappelez-vous… (Ou si vous avez manqué le début, cliquez ici) Nous sommes en février 2017 et Renault expose fièrement son Jeep Renegade « 4Lisé » au Salon Rétromobile. Un curieux mélange de SUV néo-rétro, remettant au goût du jour la Renault 4L, qui ne manque pas d’attirer l’attention de la Directrice Générale de Citroën, Linda Jackson, en visite au salon. Cette dernière, refroidie par les résultats commerciaux de la marque aux chevrons, cherche à tout prix l’inspiration. Le style exubérant du C4 Cactus peine à rassembler les suffrages, quand le C4 Picasso subit de plein fouet l’effet Nouveau Renault Scénic 4 ! Et même si les ventes de la récente C3, 3ème du nom, montent en cadence, il manque à Citroën ce modèle fétiche, capable de générer de l’image à l’international.

Pourtant pressée par les attachées de presse de la marque aux chevrons, Linda Jackson s’attarde longuement sur le stand Renault. Elle est incontestablement séduite par la démarche de la « New 4L », basée sur une Jeep Renegade. Après avoir passé le véhicule concurrent au crible, sous les yeux ébahis de Carlos Ghosn, la patronne de Citroën quitte précipitamment les allées de Rétromobile. Direction le siège du Groupe PSA où elle souhaite s’entretenir d’urgence avec Carlos Tavares, Président du directoire. Et d’exposer à celui-ci, plutôt circonspect, son projet de ressusciter une icone de Citroën. Mais laquelle ? La DS n’a malheureusement plus les faveurs du généraliste français, depuis que le label premium, du même nom, s’est accaparé son glorieux passé. Il y aurait bien la sublime GS… ou la non moins séduisante Visa… mais Carlos Tavares finit par trancher : pour lui, la piste d’une nouvelle Citroën 2CV semble la plus pertinente.

De retour au siège de Citroën, la Directrice Générale somme ses équipes de phosphorer à la renaissance d’une 2CV. Rapidement et à moindre frais. Deux impératifs à l’équation insoluble, selon les responsables de l’ingénierie et du marketing. Les réunions s’enchainent pendant plusieurs semaines sans qu’aucun plan de bataille efficace ne s’échafaude. Linda Jackson commence à perdre patience face à cette impasse, et redouble la pression sur ses collaborateurs. Pourtant, contre toute attente, une idée de « génie » finit par jaillir un beau matin, de manière incongrue. C’est autour d’un café et d’un Cacolac, au moment de la pause de 10h, qu’un stagiaire de 3ème expose, à un col blanc de la marque, sa vision sur le sujet. Le petit bonhomme part du constat de la similitude entre la silhouette de la Volkswagen Coccinelle et celle de la « Deudeuche » : un pavillon arrondi et des ailes très marquées, au service d’un design jovial. Pourquoi, dès lors, ne pas solliciter le groupe allemand, et lui proposer une synergie avec Citroën. D’ordinaire, il est certain que la marque de Wolfburg ne se prêterait sûrement pas à ce type de coopération. Mais depuis le scandale qui l’a ébranlé fin 2015, Volkswagen est affaibli. Ses finances sont au plus mal, et la Coccinelle ne rencontre pas le succès escompté. Bref, une aubaine pour Citroën ! Une analysé jugée pertimente, qui vaut au collégien d’être immédiatement présenté à Linda Jackson, en personne. Conquise par l’argumentaire de cette chère tête blonde, elle tient à le remercier pour cet éclair de lucidité. Ainsi, les repas du garçon seront gracieusement pris en charge, par la société, jusqu’à la fin de son stage. Beau geste !

La machine est lancée ! Carlos Tavares décroche lui-même son téléphone pour négocier avec le patron de Volkswagen. Ce dernier ne résiste pas longtemps à la proposition du PDG français. Tout est bon pour renflouer les caisses du groupe allemand, asséchées par les innombrables class-actions entreprises par les propriétaires floués, suite au scandale du logiciel truqué. Après s’être entendus sur les conditions de cette collaboration, il est temps pour les ingénieurs de s’atteler à cet ambitieux projet. Mais les financiers de PSA veillent à la tenue du budget. Il s’agit de minimiser les modifications esthétiques apportées à la Coccinelle, pour se muer en Nouvelle Citroën 2CV. La coque auto-porteuse demeure identique au modèle Volkswagen, malheureusement pourvu de seulement 3 portes. Mais à l’avant, capot, phares et boucliers font l’objet d’un profond remaniement pour coller, le plus possible à l’esprit « Deudeuche ». La poupe, elle aussi, puisque le volet de coffre s’élargit, quand le bouclier se voit flanqué de feux similaires à ceux de la première 2CV. Les économies sont importantes dans l’habitacle puisque la planche de bord de la Beetle est reconduite dans son intégralité, à de rares détails près. Le volant subit la transformation la plus sensible, reprenant le principe de la monobranche.

A l’automne 2017, la genèse du nouveau modèle touche à son terme. Citroën expose fièrement son bébé au salon de Francfort, en Allemagne, sur les terres de Volkswagen. Mais la malédiction « Renault 4L », qui n’a pas dépassé le stade de la pré-série, semble se réitérer. Les critiques ne tardent pas à plomber le début de carrière de la Nouvelle Citroën 2CV. La presse, autant que les clubs de collectionneurs de 2CV, de déchainent. Comment la marque aux chevrons a-t-elle pu tomber dans ce travers, dans cette facilité ? Et accoucher d’un tel étron, lamentable bricolage dissimulant maladroitement la Coccinelle. Un mépris également exprimé outre Rhin, où le public s’indigne d’avoir ainsi souillé la légendaire bête à bon dieu nationale. Dépassés par les événements, les dirigeants de Citroën se retirent tout bonnement du Salon de Francfort. Le stand de la marque française restera tristement vide jusqu’à la fermeture de l’événement.

A Paris, une réunion de crise se tient au siège de PSA. Linda Jackson, pressée par Carlos Tavares, abandonne l’industrialisation de la Nouvelle Citroën 2CV. Seulement, beaucoup d’argent a été englouti dans le projet. En pure perte. Et la patronne de Citroën ne veut pas en rester là. Même si la responsabilité est collective, des têtes devront tomber.